Lettre Getty Images Belgique : comment réagir

Steven | TrustYourWebsite · 12 juin 2026 · Dernière mise à jour : juin 2026

Vous avez ouvert le courrier ou un e-mail et la voilà. Une mise en demeure pour une image sur votre site web belge. L'expéditeur est Getty Images, Permission Machine, PicRights ou Copytrack. Le montant atteint plusieurs centaines d'euros, parfois des milliers. Votre première réaction est soit de payer vite, soit de jeter la lettre. Aucune des deux n'est la bonne.

Ce guide explique ce que le droit belge exige réellement, ce qu'un tribunal belge a décidé dans une affaire similaire et comment rédiger une réponse mesurée qui protège votre position. Si vous voulez vérifier le reste de votre site pour le même problème avant que d'autres lettres n'arrivent, vous pouvez lancer un scan gratuit de vos images et de votre conformité.

Ce que dit le droit belge

Le droit d'auteur sur les images en Belgique se trouve dans le Code de droit économique, Livre XI, Titre 5. La loi s'appelle Code de droit économique en français et Wetboek van economisch recht en néerlandais. Deux articles comptent dans un dossier Getty ou Permission Machine.

L'article XI.165 donne à l'auteur d'une œuvre littéraire ou artistique le droit exclusif de reproduire l'œuvre ou d'en autoriser la reproduction. Les photographies sont protégées comme œuvres artistiques lorsqu'elles atteignent le seuil d'originalité (un choix créatif autonome du photographe, pas une capture mécanique). Le test d'originalité pèse plus lourd en Belgique que dans certains pays voisins. C'est au demandeur de le prouver. Des photos de stock génériques échouent parfois à ce test, ce qui constitue l'un des moyens de défense qu'un tribunal belge examine réellement.

L'article XI.335 énumère les remèdes à la disposition du titulaire des droits. Les dommages et intérêts peuvent être calculés comme la redevance de licence qui aurait été due, augmentée, en cas de mauvaise foi ou de récidive, d'une majoration supplémentaire. Les tribunaux belges appliquent ici le même cadre de redevance fictive que celui prévu par la directive européenne 2004/48/CE.

Le délai de prescription des actions extracontractuelles en droit d'auteur est de cinq ans à partir du moment où le titulaire des droits a eu connaissance de l'atteinte et de l'identité de l'auteur de celle-ci, sur la base de l'article 2262bis du Code civil (désormais coordonné dans le nouveau Code civil). Une image qui figurait sur votre site entre 2020 et 2024 reste donc dans la zone de risque en 2026.

Un vrai dossier belge : le jugement gantois contre Permission Machine

La source primaire belge la plus utile pour un dirigeant de petite entreprise est la décision de novembre 2021 du tribunal de l'entreprise de Gand. Le tribunal a rejeté une demande de Permission Machine parce que Permission Machine n'a pas prouvé la chaîne de qualité pour agir du photographe vers l'agence et n'a pas établi l'originalité de l'image concernée. La note de jurisprudence du cabinet belge Finnian & Columba résume le raisonnement.

Cette décision ne signifie pas que chaque lettre de Permission Machine est inapplicable. Elle signifie que le titulaire des droits doit prouver sa demande sur la base de preuves. L'effet pratique sur une réponse écrite est de demander à l'agence, poliment et par écrit, de produire :

  1. La preuve que le photographe qui a créé l'image détient le droit d'auteur.
  2. La preuve de la chaîne de cession ou de représentation de ce photographe vers l'agence.
  3. La preuve d'originalité (choix créatifs de cadrage, de lumière, de composition).
  4. La redevance de licence réelle que le titulaire des droits aurait facturée pour cet usage précis.

Beaucoup de lettres d'agences passent entièrement sous silence l'élément d'originalité et présentent la demande comme si la responsabilité était acquise. Le jugement gantois est la raison de demander des comptes.

Qui envoie réellement ces lettres en Belgique

Quatre expéditeurs représentent la majorité des mises en demeure belges.

ExpéditeurÉtabli àReprésenteMéthode de détection
Permission MachineBelgique / Pays-BasPhotographes et petites agences de presseReconnaissance d'images automatisée
CopytrackBerlin, AllemagnePhotographes individuelsReconnaissance d'images automatisée
PicRightsZurich, SuisseReuters, AFP, Associated Press et des parties du catalogue GettyReconnaissance d'images automatisée, adresse de retour britannique ou suisse
Getty Images (direct)New York, États-UnisLe propre catalogue de GettyCrawl web interne

Une lettre directe de Getty Images même signifie généralement que l'image provient du propre catalogue de Getty et que Getty agit comme titulaire des droits. C'est le scénario qui pèse le plus lourd, car Getty a les moyens et la qualité pour mandater un cabinet d'avocats belge si le dossier ne se règle pas.

Il existe aussi des e-mails frauduleux qui imitent ce format. Une lettre authentique ciblant la Belgique nomme l'image précise avec un identifiant de catalogue ou de fichier, l'URL où l'image apparaissait sur votre site, les dates de l'usage, la base juridique (typiquement XI.165) et une identité d'expéditeur claire. Une menace vague sans ces éléments n'est presque jamais légitime. Notre guide sur la légitimité des lettres CopyTrack, PicRights et Getty détaille la vérification de l'expéditeur.

Pourquoi votre lettre est en français ou en néerlandais (ou parfois les deux)

La structure bilingue de la Belgique détermine la façon dont ces lettres arrivent. Les agences de recouvrement adaptent la langue à votre enregistrement à la Banque-Carrefour des Entreprises (Banque-Carrefour des Entreprises / Kruispuntbank van Ondernemingen, BCE/KBO). Une entreprise enregistrée en Flandre reçoit le néerlandais. Une entreprise wallonne reçoit le français. Les entreprises bruxelloises reçoivent parfois les deux versions ou une note d'accompagnement dans l'autre langue.

La langue de la lettre ne change ni vos droits ni vos options. Répondez dans la langue d'enregistrement de votre entreprise. Si vous êtes à Bruxelles et bilingue, choisissez celle qui est la plus claire pour vous.

Quel tribunal belge trancherait si l'affaire allait à l'audience

Le choix du tribunal dépend de la valeur de la demande et de la qualité d'entreprise enregistrée du défendeur. Le Code judiciaire belge, modifié par les réformes entrées en vigueur le 1er septembre 2018, fixe les seuils :

TribunalSeuilQuand il s'applique
Juge de paix (juge de paix / vrederechter)Jusqu'à 5 000 €Demandes civiles dans cette limite
Tribunal de l'entreprise (tribunal de l'entreprise / ondernemingsrechtbank)Au-dessus de 5 000 €Affaires commerciales où le défendeur est une société enregistrée
Tribunal de première instanceTout montantAffaires non commerciales hors des deux catégories précédentes

Un litige sur une seule image contre une entreprise belge enregistrée avec une demande de, disons, 1 500 € serait porté devant le juge de paix. Un recouvrement portant sur plusieurs images au-dessus de 5 000 € irait au tribunal de l'entreprise. Le jugement gantois évoqué plus haut émane d'un tribunal de l'entreprise.

En pratique, les litiges sur une seule image se règlent bien avant toute saisine. Les seuils comptent parce qu'ils vous indiquent le coût procédural réel du titulaire des droits, ce qui détermine sa disposition à accepter un règlement raisonnable.

Que faire cette semaine

Des étapes numérotées. Aucune n'est facultative.

  1. Localisez et retirez l'image. Pas seulement déliée du menu. Supprimez le fichier de la médiathèque de votre CMS pour que son URL renvoie un 404. Prenez une capture d'écran datée.
  2. Cherchez une licence. Vérifiez Adobe Stock, iStock, Shutterstock et tout autre compte que vous ou votre ancien designer avez utilisé. Une licence couvrant l'image, la date et l'usage clôt le dossier.
  3. Interrogez le designer par écrit. Si vous n'avez pas téléversé l'image, demandez à celui qui l'a fait de vous envoyer la licence ou la preuve de sa source.
  4. Accusez réception de la lettre par écrit. Ne l'ignorez pas. Ne téléphonez pas. Envoyez un court accusé de réception neutre par e-mail. Indiquez que l'image a été retirée (donnez la date), que vous prenez le dossier au sérieux et que vous souhaitez voir la preuve de qualité pour agir du titulaire des droits et la base d'originalité avant de discuter d'un règlement.
  5. Demandez les éléments de preuve visés par le jugement gantois. La qualité pour agir du photographe vers l'agence, l'originalité et la redevance fictive réelle. C'est une demande normale, pas agressive.
  6. Proposez un règlement calibré sur la redevance fictive. Présentez-le comme une offre « sous toutes réserves » et « pour solde de tout compte », sous condition de confirmation écrite qu'aucune autre action ne sera entreprise.
  7. Obtenez la clôture par écrit. Avant de payer, obtenez un e-mail ou un PDF qui nomme l'image précise et la période couverte et qui confirme que le paiement règle le dossier intégralement.

Si la demande dépasse 5 000 € ou si l'image a été utilisée dans de la publicité, consultez un avocat belge avec une expérience en propriété intellectuelle avant de répondre. Plusieurs cabinets belges traitent exactement ce type de dossier sur la base d'un forfait fixe.

Ce qu'il ne faut pas faire

Trois réactions aggravent le dossier.

Ignorer la lettre. Les agences de recouvrement escaladent les non-réponses. Une deuxième lettre, puis une lettre d'avocat, puis une citation formelle par huissier belge. Chaque étape ajoute des frais qui se retrouvent dans une demande plus élevée.

Reconnaître une responsabilité totale dans la première réponse. Confirmer la réception et le retrait est correct. Accepter le montant demandé comme le bon chiffre ne l'est pas. Le jugement gantois montre que le bon cadre consiste à demander au titulaire des droits de prouver sa demande.

Répondre sur le mauvais ton. Une réponse défensive, agressive ou sarcastique est lue comme de la mauvaise foi. Cela alimente plus tard l'argument de la « majoration pour mauvaise foi » de l'article XI.335 si le dossier escalade. Restez neutre et procédural.

Comment éviter que cela se reproduise

Une fois ce dossier réglé, auditez le reste de votre site. La cause la plus fréquente d'une deuxième lettre est une autre image de la même source, téléversée à la même période. Vous pouvez scanner votre site pour détecter les images sous droits d'auteur ou le faire manuellement en retraçant chaque image jusqu'à une licence.

Pour les futures images, trois sources couvrent la plupart des besoins des petites entreprises sans exposition de licence :

  • Unsplash : gratuit pour un usage commercial, pas d'attribution requise pour la plupart des images.
  • Pexels : gratuit pour un usage commercial sous la licence Pexels.
  • Wikimedia Commons : vérifiez la licence individuelle de chaque image, la plupart sont dans le domaine public ou sous CC.

Pour des images à plus forte valeur, achetez via Adobe Stock ou Shutterstock et conservez le reçu avec le fichier de l'image. C'est ce reçu qui vous défend si une future lettre arrive.

Questions fréquentes

Une lettre de Permission Machine ou PicRights est-elle exécutoire en Belgique?

Oui, en principe. Le droit d'auteur belge (Code de droit économique, Livre XI, Titre 5) protège les œuvres photographiques et donne au titulaire des droits une action civile sur la base des articles XI.165 et XI.335. L'agence doit toutefois prouver à la fois qu'elle a qualité pour faire valoir le droit et que l'œuvre atteint le seuil d'originalité. Le tribunal de l'entreprise de Gand a rejeté une demande de Permission Machine en novembre 2021 précisément sur ce point de preuve. Leur lettre n'est pas automatiquement un jugement.

Pourquoi ai-je reçu la lettre en français et pas en néerlandais, ou l'inverse?

Les agences de recouvrement adaptent généralement la langue à l'enregistrement de votre entité juridique à la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE/KBO). Une entreprise enregistrée en Flandre reçoit typiquement le néerlandais. En Wallonie, le français. Les entreprises bruxelloises reçoivent parfois les deux. La langue de la lettre ne change ni vos droits ni vos options de réponse. Vous pouvez répondre dans la langue enregistrée à la BCE/KBO.

Quel est un règlement réaliste pour une seule image utilisée sur le site d'une petite entreprise belge?

Les données publiques belges sur les règlements sont rares car la plupart des dossiers se règlent en privé sans jugement publié. Les notes de praticiens de cabinets belges spécialisés en propriété intellectuelle indiquent une fourchette de 400 € à 1 500 € par image pour un premier usage discret où l'entreprise réagit rapidement et retire l'image. Les demandes commencent souvent à 1 500 € à 5 000 € par image et baissent par la négociation. Les demandes plus élevées concernent un usage publicitaire commercial ou un recouvrement portant sur plusieurs images.

Quel tribunal belge traiterait ce dossier si l'affaire allait jusque-là?

Pour une demande inférieure à 5 000 €, le juge de paix (vrederechter) est compétent. Au-dessus de 5 000 € et jusqu'au seuil commercial, le tribunal de l'entreprise (ondernemingsrechtbank) traite les affaires où le défendeur est une entreprise enregistrée. En pratique, les litiges portant sur une seule image contre de petites entreprises se règlent presque toujours sans procédure.

Vérifiez le reste de votre site dès maintenant

La lettre qui est devant vous concerne une seule image. La question qui compte est de savoir combien d'autres images de votre site présentent le même risque. Lancez un scan gratuit de votre site pour repérer les sources d'images externes et les patterns connus de CDN de stock avant que la prochaine lettre n'arrive.

Sources


Ceci est une analyse technique, pas un avis juridique. Consultez un avocat pour un conseil juridique spécifique.

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